LES AMIS (ES)
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 Fable De La Fontaine!

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idem
Le Rire Tue les Microbes du Coeur
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idem
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   Posté le 06-07-2005 à 03:27:44   Voir le profil de idem (En vacances)   Répondre à ce message   http://le-royaume-d-idem.superforum.fr/index.foru   Envoyer un message privé à idem   

Le Coq et le Renard




Sur la branche d'un arbre était en sentinelle
Un vieux Coq adroit et matois
Frère, dit un Renard, adoucissant sa voix
Nous ne sommes plus en querelle.


Paix générale cette fois
Je viens te l'annoncer, descends, que je t'embrasse
Ne me retarde point, de grâce
Je dois faire aujourd'hui vingt postes sans manquer
Les tiens et toi pouvez vaquer.


Sans nulle crainte à vos affaires
Nous vous y servirons en frères
Faites-en les feux dès ce soir
Et cependant viens recevoir
Le baiser d'amour fraternelle.


Ami, reprit le coq, je ne pouvais jamais
Apprendre une plus douce et meilleur nouvelle
Que celle
De cette paix
Et ce m'est une double joie.


De la tenir de toi. Je vois deux Lévriers
Qui, je m'assure, sont courriers
Que pour ce sujet on envoie
Ils vont vite, et seront dans un moment à nous
Je descends, nous pourrons nous entre-baiser tous.


Adieu, dit le Renard, ma traite est longue à faire
Nous nous réjouirons du succès de l'affaire
Une autre fois. Le galand aussitôt
Tire ses grègues, gagne au haut
Mal content de son stratagème.


Et notre vieux Coq en soi-même
Se mit à rire de sa peur
Car c'est double plaisir de tromper le trompeur.






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idem
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idem
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   Posté le 07-07-2005 à 16:12:56   Voir le profil de idem (En vacances)   Répondre à ce message   http://le-royaume-d-idem.superforum.fr/index.foru   Envoyer un message privé à idem   

Le Corbeau voulant Imiter l'Aigle!




L'Oiseau de Jupiter enlevant un mouton
Un Corbeau témoin de l'affaire
Et plus faible de reins, mais non pas moins glouton
En voulut sur l'heure autant faire.


Il tourne à l'entour du troupeau
Marque entre cent Moutons le plus gras, le plus beau
Un vrai Mouton de sacrifice
On l'avait réservé pour la bouche des Dieux
Gaillard Corbeau disait, en le couvant des yeux.


Je ne sais qui fut ta nourrice
Mais ton corps me paraît en merveilleux état
Tu me serviras de pâture
Sur l'animal bêlant à ces mots il s'abat
La Moutonnière créature.

Pesait plus qu'un fromage, outre que sa toison
Etait d'une épaisseur extrême
Et mêlée à peu près de la même façon
Que la barbe de Polyphème
Elle empêtra si bien les serres du Corbeau.


Que le pauvre animal ne put faire retraite
Le Berger vient, le prend, l'encage bien et beau
Le donne à ses enfants pour servir d'amusette
Il faut se mesurer, la conséquence est nette
Mal prend aux Volereaux de faire les Voleurs.


L'exemple est un dangereux leurre
Tous les mangeurs de gens ne sont pas grands Seigneurs
Où la Guêpe a passé, le Moucheron demeure.




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idem
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   Posté le 08-07-2005 à 16:16:17   Voir le profil de idem (En vacances)   Répondre à ce message   http://le-royaume-d-idem.superforum.fr/index.foru   Envoyer un message privé à idem   

Le Paon se plaignant à Junon


Le Paon se plaignait à Junon
Déesse, disait-il, ce n'est pas sans raison
Que je me plains, que je murmure
Le chant dont vous m'avez fait don.


Déplaît à toute la Nature
Au lieu qu'un Rossignol, chétive créature
Forme des sons aussi doux qu'éclatants
Est lui seul l'honneur du Printemps
Junon répondit en colère.


Oiseau jaloux, et qui devrais te taire
Est-ce à toi d'envier la voix du Rossignol
Toi que l'on voit porter à l'entour de ton col
Un arc-en-ciel nué de cent sortes de soies
Qui te panades, qui déploies.


Une si riche queue, et qui semble à nos yeux
La Boutique d'un Lapidaire?
Est-il quelque oiseau sous les Cieux
Plus que toi capable de plaire?
Tout animal n'a pas toutes propriétés.


Nous vous avons donné diverses qualités
Les uns ont la grandeur et la force en partage
Le Faucon est léger, l'Aigle plein de courage
Le Corbeau sert pour le présage
La Corneille avertit des malheurs à venir.


Tous sont contents de leur ramage
Cesse donc de te plaindre, ou bien, pour te punir
Je t'ôterai ton plumage.






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idem
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   Posté le 12-07-2005 à 00:58:08   Voir le profil de idem (En vacances)   Répondre à ce message   http://le-royaume-d-idem.superforum.fr/index.foru   Envoyer un message privé à idem   

La Chatte Métamorphosée en Femme!



Un homme chérissait éperdument sa Chatte
Il la trouvait mignonne, et belle, et délicate
Qui miaulait d'un ton fort doux
Il était plus fou que les fous.

Cet Homme donc, par prières, par larmes
Par sortilèges et par charmes
Fait tant qu'il obtient du destin
Que sa Chatte en un beau matin
Devient femme, et le matin même.

Maître sot en fait sa moitié
Le voilà fou d'amour extrême
De fou qu'il était d'amitié
Jamais la Dame la plus belle
Ne charma tant son Favori.

Que fait cette épouse nouvelle
Son hypocondre de mari
Il l'amadoue, elle le flatte
Il n'y trouve plus rien de Chatte
Et poussant l'erreur jusqu'au bout.

La croit femme en tout et partout
Lorsque quelques Souris qui rongeaient de la natte
Troublèrent le plaisir des nouveaux mariés
Aussitôt la femme est sur pieds
Elle manqua son aventure.

Souris de revenir, femme d'être en posture
Pour cette fois elle accourut à point
Car ayant changé de figure
Les souris ne la craignaient point
Ce lui fut toujours une amorce.

Tant le naturel a de force
Il se moque de tout, certain âge accompli
Le vase est imbibé, l'étoffe a pris son pli
En vain de son train ordinaire
On le veut désaccoutumer.

Quelque chose qu'on puisse faire
On ne saurait le réformer
Coups de fourche ni d'étrivières
Ne lui font changer de manières
Et, fussiez-vous embâtonnés.

Jamais vous n'en serez les maîtres
Qu'on lui ferme la porte au nez
Il reviendra par les fenêtres.



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idem
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   Posté le 13-07-2005 à 01:12:08   Voir le profil de idem (En vacances)   Répondre à ce message   http://le-royaume-d-idem.superforum.fr/index.foru   Envoyer un message privé à idem   

Le Lion et l'Âne Chassant!




Le Roi des animaux se mit un jour en tête
De giboyer
Il célébrait sa fête
Le gibier du Lion, ce ne sont pas moineaux
Mais beaux et bons Sangliers, Daims et Cerfs bons et beaux.


Pour réussir dans cette affaire
Il se servit du ministère
De l'Âne à la voix de Stentor
L'Âne à Messer Lion fit office de Cor
Le Lion le posta, le couvrit de ramée.


Lui commanda de braire, assuré qu'à ce son
Les moins intimidés fuiraient de leur maison
Leur troupe n'était pas encore accoutumée
A la tempête de sa voix
L'air en retentissait d'un bruit épouvantable.


La frayeur saisissait les hôtes de ces bois
Tous fuyaient, tous tombaient au piège inévitable
Où les attendait le Lion

N'ai-je pas bien servi dans cette occasion?
Dit l'Âne, en se donnant tout l'honneur de la chasse.


Oui, reprit le Lion, c'est bravement crié
Si je connaissais ta personne et ta race
J'en serais moi-même effrayé
L'Âne, s'il eût osé, se fût mis en colère
Encore qu'on le raillât avec juste raison.

Car qui pourrait souffrir un Âne fanfaron?
Ce n'est pas là leur caractère.




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idem
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   Posté le 27-07-2005 à 04:56:09   Voir le profil de idem (En vacances)   Répondre à ce message   http://le-royaume-d-idem.superforum.fr/index.foru   Envoyer un message privé à idem   

Le Loup et la Cigogne!




Les Loups mangent gloutonnement
Un Loup donc étant de frairie
Se pressa, dit-on, tellement
Qu'il en pensa perdre la vie.


Un os lui demeura bien avant au gosier
De bonheur pour ce Loup, qui ne pouvait crier,
Près de là passe une Cigogne
Il lui fait signe, elle accourt
Voilà l'Opératrice aussitôt en besogne.


Elle retira l'os, puis, pour un si bon tour
Elle demanda son salaire
Votre salaire ? dit le Loup
Vous riez, ma bonne commère!
Quoi? ce n'est pas encor beaucoup.


D'avoir de mon gosier retiré votre cou?
Allez, vous êtes une ingrate
Ne tombez jamais sous ma patte.






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   Posté le 11-08-2005 à 07:12:29   Voir le profil de idem (En vacances)   Répondre à ce message   http://le-royaume-d-idem.superforum.fr/index.foru   Envoyer un message privé à idem   

Le Lion abattu par l'Homme


On exposait une peinture

Où l'artisan avait tracé

Un Lion d'immense stature

Par un seul homme terrassé

Les regardants en tiraient gloire

Un Lion en passant rabattit leur caquet

Je vois bien, dit-il, qu'en effet

On vous donne ici la victoire

Mais l'Ouvrier vous a déçus

Il avait liberté de feindre

Avec plus de raison nous aurions le dessus

Si mes confrères savaient peindre.



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idem
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   Posté le 17-08-2005 à 16:21:49   Voir le profil de idem (En vacances)   Répondre à ce message   http://le-royaume-d-idem.superforum.fr/index.foru   Envoyer un message privé à idem   

Le Renard et les Raisins



Certain Renard Gascon, d'autres disent Normand

Mourant presque de faim, vit au haut d'une treille

Des Raisins mûrs apparemment

Et couverts d'une peau vermeille.

Le galand en eût fait volontiers un repas

Mais comme il n'y pouvait atteindre

Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats.

Fit-il pas mieux que de se plaindre?





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   Posté le 19-08-2005 à 13:32:16   Voir le profil de idem (En vacances)   Répondre à ce message   http://le-royaume-d-idem.superforum.fr/index.foru   Envoyer un message privé à idem   

Le Cygne et le Cuisinier!



Dans une ménagerie
De volatiles remplie
Vivaient le Cygne et l'Oison
Celui-là destiné pour les regards du maître.


Celui-ci, pour son goût : l'un qui se piquait d'être
Commensal du jardin, l'autre, de la maison
Des fossés du Château faisant leurs galeries
Tantôt on les eût vus côte à côte nager
Tantôt courir sur l'onde, et tantôt se plonger.


Sans pouvoir satisfaire à leurs vaines envies
Un jour le Cuisinier, ayant trop bu d'un coup
Prit pour Oison le Cygne ; et le tenant au cou
Il allait l'égorger, puis le mettre en potage
L'oiseau, prêt à mourir, se plaint en son ramage.


Le Cuisinier fut fort surpris
Et vit bien qu'il s'était mépris
"Quoi? je mettrois, dit-il un tel chanteur en soupe!
Non, non, ne plaise aux Dieux que jamais ma main
coupe.

La gorge à qui s'en sert si bien!

Ainsi dans les dangers qui nous suivent en croupe
Le doux parler ne nuit de rien.




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idem
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   Posté le 22-08-2005 à 15:08:31   Voir le profil de idem (En vacances)   Répondre à ce message   http://le-royaume-d-idem.superforum.fr/index.foru   Envoyer un message privé à idem   

Les Loups et les Brebis



Après mille ans et plus de guerre déclarée
Les Loups firent la paix avecque les Brebis
C'était apparemment le bien des deux partis
Car si les Loups mangeaient mainte bête égarée.

Les Bergers de leur peau se faisaient maints habits
Jamais de liberté, ni pour les pâturages
Ni d'autre part pour les carnages
Ils ne pouvaient jouir qu'en tremblant de leurs biens
La paix se conclut donc : on donne des otages.

Les Loups, leurs Louveteaux ; et les Brebis, leurs
Chiens.
L'échange en étant fait aux formes ordinaires
Et réglé par des Commissaires
Au bout de quelque temps que Messieurs les Louvats.

Se virent Loups parfaits et friands de tuerie
lls vous prennent le temps que dans la Bergerie
Messieurs les Bergers n'étaient pas
Etranglent la moitié des Agneaux les plus gras
Les emportent aux dents, dans les bois se retirent.

Ils avaient averti leurs gens secrètement
Les Chiens, qui, sur leur foi, reposaient sûrement
Furent étranglés en dormant
Cela fut sitôt fait qu'à peine ils le sentirent
Tout fut mis en morceaux ; un seul n'en échappa.

Nous pouvons conclure de là
Qu'il faut faire aux méchants guerre continuelle
La paix est fort bonne de soi
J'en conviens, mais de quoi sert-elle
Avec des ennemis sans foi?




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   Posté le 03-09-2005 à 03:54:24   Voir le profil de idem (En vacances)   Répondre à ce message   http://le-royaume-d-idem.superforum.fr/index.foru   Envoyer un message privé à idem   

Le Lion devenu Vieux!




Le Lion, terreur des forêts
Chargé d'ans et pleurant son antique prouesse
Fut enfin attaqué par ses propres sujets
Devenus forts par sa faiblesse.


Le Cheval s'approchant lui donne un coup de pied
Le Loup un coup de dent, le Boeuf un coup de corne
Le malheureux Lion, languissant, triste, et morne

Peut a peine rugir, par l'âge estropié
Il attend son destin, sans faire aucunes plaintes

Quand voyant l'Ane même à son antre accourir
Ah! c'est trop, lui dit-il, je voulais bien mourir
Mais c'est mourir deux fois que souffrir tes atteintes.



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idem
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   Posté le 04-10-2005 à 15:03:01   Voir le profil de idem (En vacances)   Répondre à ce message   http://le-royaume-d-idem.superforum.fr/index.foru   Envoyer un message privé à idem   

Philomèle et Progné



Autrefois Progné l'hirondelle
De sa demeure s'écarta
Et loin des Villes s'emporta
Dans un bois où chantait la pauvre Philomèle.


Ma soeur, lui dit Progné, comment vous portez-vous?
Voici tantôt mille ans que l'on ne vous a vue
Je ne me souviens point que vous soyez venue
Depuis le temps de Thrace, habiter parmi nous
Dites-moi, que pensez-vous faire?

Ne quitterez-vous point ce séjour solitaire?
Ah! reprit Philomèle, en est-il de plus doux?
Progné lui repartit, Eh quoi? cette musique
Pour ne chanter qu'aux animaux
Tout au plus à quelque rustique?

Le désert est-il fait pour des talents si beaux?
Venez faire aux cités éclater leurs merveilles
Aussi bien, en voyant les bois
Sans cesse il vous souvient que Térée autrefois
Parmi des demeures pareilles

Exerça sa fureur sur vos divins appas
Et c'est le souvenir d'un si cruel outrage
Qui fait, reprit sa soeur, que je ne vous suis pas
En voyant les hommes, hélas!
Il m'en souvient bien davantage.






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idem
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   Posté le 17-11-2005 à 22:34:56   Voir le profil de idem (En vacances)   Répondre à ce message   http://le-royaume-d-idem.superforum.fr/index.foru   Envoyer un message privé à idem   

Le Loup et la Cigogne



Les Loups mangent gloutonnement
Un Loup donc étant de frairie
Se pressa, dit-on, tellement
Qu'il en pensa perdre la vie



Un os lui demeura bien avant au gosier
De bonheur pour ce Loup, qui ne pouvait crier
Près de là passe une Cigogne
Il lui fait signe, elle accourt
Voilà l'Opératrice aussitôt en besogne



Elle retira l'os, puis, pour un si bon tour
Elle demanda son salaire
Votre salaire? dit le Loup
Vous riez, ma bonne commère!
Quoi? ce n'est pas encor beaucoup


D'avoir de mon gosier retiré votre cou?
Allez, vous êtes une ingrate
Ne tombez jamais sous ma patte



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   Posté le 06-01-2006 à 03:25:25   Voir le profil de idem (En vacances)   Répondre à ce message   http://le-royaume-d-idem.superforum.fr/index.foru   Envoyer un message privé à idem   

La Femme Noyée




Je ne suis pas de ceux qui disent , Ce n'est Rien
C'est une femme qui se noie
Je dis que c'est beaucoup et ce sexe vaut bien
Que nous le regrettions, puisqu'il fait notre joie.


Ce que j'avance ici n'est point hors de propos
Puisqu'il s'agit en cette Fable
D'une femme qui dans les flots
Avait fini ses jours par un sort déplorable
Son Epoux en cherchait le corps.


Pour lui rendre, en cette aventure
Les honneurs de la sépulture
Il arriva que sur les bords
Du fleuve auteur de sa disgrâce
Des gens se promenaient ignorants l'accident.


Ce mari donc leur demandant
S'ils n'avaient de sa femme aperçu nulle trace
Nulle, reprit l'un d'eux mais cherchez-la plus bas
Suivez le fil de la rivière
Un autre repartit, Non, ne le suivez pas.


Rebroussez plutôt en arrière
Quelle que soit la pente et l'inclination
Dont l'eau par sa course l'emporte
L'esprit de contradiction
L'aura fait flotter d'autre sorte.


Cet homme se raillait assez hors de saison
Quant à l'humeur contredisante
Je ne sais s'il avait raison
Mais que cette humeur soit ou non
Le défaut du sexe et sa pente.


Quiconque avec elle naîtra
Sans faute avec elle mourra
Et jusqu'au bout contredira
Et, s'il peut, encor par-delà.



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idem
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   Posté le 13-06-2006 à 16:19:34   Voir le profil de idem (En vacances)   Répondre à ce message   http://le-royaume-d-idem.superforum.fr/index.foru   Envoyer un message privé à idem   

Le Curé et le Mort!



Un mort s'en allait tristement
S'emparer de son dernier gîte
Un Curé s'en allait gaiement
Enterrer ce mort au plus vite.


Notre défunt était en carrosse porté
Bien et dûment empaqueté
Et vêtu d'une robe, hélas ! qu'on nomme bière
Robe d'hiver, robe d'été
Que les morts ne dépouillent guère.


Le Pasteur était à côté
Et récitait à l'ordinaire
Maintes dévotes oraisons
Et des psaumes et des leçons
Et des versets et des répons
Monsieur le Mort, laissez-nous faire
On vous en donnera de toutes les façons
Il ne s'agit que du salaire.


Messire Jean Chouart couvait des yeux son mort
Comme si l'on eût dû lui ravir ce trésor
Et des regards semblait lui dire
Monsieur le Mort, j'aurai de vous
Tant en argent, et tant en cire
Et tant en autres menus coûts.


Il fondait là-dessus l'achat d'une feuillette
Du meilleur vin des environs
Certaine nièce assez propette
Et sa chambrière Pâquette
Devaient voir des cotillons
Sur cette agréable pensée.


Un heurt survient, adieu le char
Voilà Messire Jean Chouart
Qui du choc de son mort a la tête cassée
Le Paroissien en plomb entraîne son Pasteur
Notre Curé suit son Seigneur.


Tous deux s'en vont de compagnie
Proprement toute notre vie
Est le curé Chouart, qui sur son mort comptait
Et la fable du Pot au lait.



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